Comment vérifier la rentabilité de votre projet d’installation ?


Pour vérifier la rentabilité, ne commencez pas par le chiffrage !

Soyez patient, car pour vérifier la rentabilité de votre projet d’installation, il y a travail préparatoire au chiffrage, qui est tout aussi important.

Pour cela, je vous propose 4 étapes :

  1. Fixez-vous des objectifs ambitieux et réalistes – et pour cela je vous renvoi vers ce très bel article 😉 : « Pourquoi se lancer dans un projet en agriculture ? »
  2. Préciser votre système de production
  3. Apprenez les bases de la gestion (les 8 chiffres à connaître)
  4. Utiliser un logiciel simple et puissant pour chiffrer votre projet (entreprendre en agriculture)

Préciser votre système de production

La particularité de l’agriculture par rapport à d’autres secteurs d’activités, notamment de vente de services, est la présence d’un outil de production.

A minima, il faut de la terre, et bien souvent, cela ne suffit pas. S’y ajoutent du matériel pour travailler le sol, pour récolter les foins, les céréales, des légumes ; des animaux et les bâtiments pour les loger ; un atelier pour transformer le lait, la viande, des fruits ; un véhicule pour livrer les produits, voire du matériel pour faire les marchés, et bien entendu un minimum d’apport financier…

Au début de la réflexion, quand on a seulement une idée de ce qu’on voudrait faire, se pencher sur ce dont on aura besoin est difficile. Et pourtant, c’est une étape nécessaire pour clarifier votre projet et vous rapprocher de la réalité.

Pour vous aider à le préciser partez de la question : « de quoi ai-je besoin pour réaliser mon projet ? » en passant par en revue les catégories suivantes :

  • Bâtiments (logement des animaux, stockage, serre, etc…)
  • Matériel (petit matériel et équipement pour du travail manuel et gros matériel pour être bien mécanisé)
  • Foncier, assolement et rotation des cultures
  • Animaux, race et alimentation
  • Main d’oeuvre et temps de travail (le vôtre mais aussi tout les bénévoles 😉
  • Produits ou services et mode de vente

Une nouvelle fois, je vous invite à être le plus précis possible (nombre d’hectares, d’animaux, race, produits à vendre, etc…) car c’est sur cette base là que vous commencerez à chiffrer votre projet.

Retour sur les principaux chiffres à connaître

Lorsque vous discutez avec des comptables spécialisés dans le domaine agricole, vous vous apercevez qu’il est relativement compliqué de suivre leur raisonnement et l’interprétation qu’ils font des chiffres. Pour comprendre les atouts et faiblesses d’une exploitation, mais aussi ses marges de manœuvres potentielles.

Cela semble logique puisque dans une comptabilité agricole, il y a des centaines de chiffres et ratios différents et leur interprétation est affaire d’expert.

Pour autant, la maîtrise des chiffres est indispensable au chef d’entreprise pour l’aider à prendre des décisions. Et même si les chiffres ne doivent pas à eux seuls guider toutes les décisions, ils en sont l’un des acteurs principaux.

Je me suis donc demandé si l’on pouvait prendre des décisions en ne maîtrisant pas tous les chiffres d’une comptabilité. Et la réponse est oui.

J’ai extrait seulement 8 d’entre eux. Et si vous les maîtrisez sur le bout des doigts,  vous serez capable à la fois, de faire de façon autonome votre budget prévisionnel d’installation, et de prendre des décisions plus rationnelles.

Avant d’explorer ces 8 chiffres, retenez simplement qu’une comptabilité agricole est constituée de deux grandes parties : un bilan et un compte de résultat.

Le bilan comptable

Le bilan est une photographie à un instant T (en l’occurrence, il y a 2 bilans annuels, un au début de l’exercice et un à la fin qui correspond au début de l’année suivante) de ce que possède l’exploitation et de comment ces biens sont financés.

Le bilan est composé de deux parties que l’on appelle :

  • L’ACTIF = ce que possède l’exploitation (bâtiment, matériel, animaux, terres, parts sociales, créances, etc…)
  • LE PASSIF = comment mon exploitation finance ce qu’elle possède (emprunts long et moyen terme, dettes, capitaux propres, etc…)

Le compte de résultat

Le compte de résultat est quant à lui, le film de ce qui est advenu entre le bilan d’ouverture et le bilan de clôture de l’exploitation.

Il est aussi composé de deux grandes parties appelé PRODUITS et CHARGES. Les 8 chiffres que je vais vous présenter ci-après sont issus du compte de résultat.

De quoi est composé un chiffre d’affaires ?

Le Chiffre d’Affaires (CA) d’une exploitation correspond à la somme de l’ensemble des ventes de produits ou services, additionnée des primes perçues (dans le cas où l’exploitation en bénéficie).

Quand on calcule un chiffre d’affaires, il est important de bien détailler l’origine des ventes et ne pas se contenter de dire :

  • « je vendrai 50 000 de litres de lait à 1,5 €, donc mon CA sera de 75 000 € » mais bien de détailler les quantités que vous pensez vendre de chaque type de fromage multipliées par le prix unitaire de chacun.
  • « Je vendrais 50 000 € de légumes » mais de détailler les quantités pour tous les légumes multipliées par le prix unitaire de chacun.

 Dans ce travail, la précision est votre meilleure alliée car elle vous permettra d’ajuster beaucoup plus rapidement les écarts dans la progression de votre chiffre d’affaires et bien avant cela, d’apporter plus de crédibilité auprès des organismes bancaires.

En résumé :

Chiffre d’affaires = somme (recettes + primes)

Quelles sont les charges d’une exploitation ?

D’une part, nous avons la somme des recettes, soit le chiffre d’affaires et d’autre part, nous avons la somme des dépenses que l’on appelle les charges de l’exploitation.

Elles sont classées en deux catégories distinctes

Charges de structure

Ce sont toutes les dépenses qui sont fixes, c’est à dire qui ne varient pas directement en fonction du volume de production.

Par exemple, si vous avez un bâtiment pour 50 vaches laitières, vos charges totales d’assurance et d’entretien des bâtiments seront les mêmes que vous ayez 30, 40 ou 50 vaches logées dans le bâtiment.

Parmi ces charges, on retrouve notamment les dépenses liées à l’abonnement d’eau et d’électricité, aux assurances des bâtiments et véhicules, à l’entretien des bâtiments et des terrains, aux fermages, aux charges sociales de MSA (Mutualité Sociale Agricole), etc…

En résumé :

Charges de structures = dépenses fixes de fonctionnement de l’exploitation

Charges opérationnelles

Ce sont les dépenses variables, c’est-à-dire celles qui sont liées directement au volume de production de votre exploitation.

Si on reprend l’exemple de notre bâtiment de vaches laitières, les dépenses liées à l’alimentation (foin et céréales) vont augmenter proportionnellement au nombre de vaches. De la même façon, toutes les dépenses liées aux ingrédients et emballages pour la transformation du lait augmenteront avec le nombre de litres de lait transformés : plus je fais de yaourts, plus je dois acheter de pots !

En résumé :

Charges opérationnelles = dépenses qui varient avec le volume de production

 

Comment mesurer la rentabilité globale d’une ferme ?

Nous venons de mettre en évidence deux éléments principaux d’une comptabilité, les recettes (= chiffre d’affaires) et les dépenses (= charges de structures + charges opérationnelles).

Si on soustrait le chiffre d’affaires au total des dépenses, on obtient ce qu’on pourrait appeler le bénéfice.

Même si ce terme n’est pas complètement adapté, c’est bien de cela dont il s’agit : ce bénéfice est appelé EBE, c’est à dire Excèdent Brut d’Exploitation.

En résumé :

EBE (Excédent Brut d’Exploitation) = chiffre d’affaires – (charges structures + charges opérationnelles)

 

Au-delà de ce nom un peu « barbare », tentons de comprendre l’utilité de l’EBE.

Il sert à assumer son passé, à assurer le présent et à prévoir le futur.

  • Le passé : l’EBE permet de rembourser les emprunts contractés antérieurement. J’ai coutume de dire qu’il faut assumer son passé : si en 2018, vous avez acheté un tracteur en faisant un emprunt sur 7 ans, en 2025, vous payez toujours pour vos choix passés : vous devez les assumer !
  • Le présent : l’EBE permet de faire des prélèvements privés (soit l’équivalent d’un salaire pour un salarié) pour pouvoir vivre au jour le jour. Il va donc servir à assurer vos besoins présents.
  • Le futur : qu’il soit choisi (vous avez des projets à financer) ou subi (vous avez des imprévus), il faut anticiper le futur. Vous avez donc besoin de prévoir le futur en gardant une marge de sécurité qui servira soit à faire face à des difficultés conjoncturelles, soit à autofinancer tout ou partie de nouveaux emprunts.

En résumé :

EBE = Annuités + Prélèvements privés + Capacité d’Autofinancement

Qu’est-ce qu’une annuité ?

Lorsque vous allez créer votre entreprise, à moins d’avoir un « tonton Cristobal » qui rentre d’un long voyage (comme dans la chanson de Pierre PERRET), vous devrez avoir recours à des emprunts auprès d’une banque.

Ils serviront notamment à acheter les moyens de productions nécessaires à votre activité.

Dès lors, vous aurez à rembourser à la fois le capital qui correspond à la somme empruntée, mais aussi des intérêts qui correspondent à la « facture » que vous devrez à la banque pour vous avoir avancé la somme dont vous aviez besoin.

Ces intérêts varient en fonction du taux de référence du marché monétaire de l’euro, appelé « euribor ». Sachez que des marges de négociations existent.

En résumé :

Annuité = remboursement du capital et des intérêts des emprunts

Qu’est-ce que le Revenu Disponible ?

Voici un terme nouveau jusqu’ici, qui correspond tout simplement à votre EBE moins les annuités. Cela permet de voir ce qui reste pour les prélèvements privés et la capacité d’autofinancement.

En résumé :

Revenu Disponible (EBE – annuités) = ce qui reste pour : prélèvements privés + capacité d’autofinancement (CAF)

Prélèvements Privés = somme qui couvre les frais privés (équivalent au salaire)

Capacité d’autofinancement = marge de sécurité (pour imprévus ou nouveaux emprunts)

La marge brute

Si l’Excédent Brut d’Exploitation sert à apprécier la rentabilité de la ferme toute entière, la marge brute sert à apprécier la rentabilité d’un atelier en particulier. Elle permet également de déterminer les marges de progrès potentielles en appréciant son évolution d’une année sur l’autre. Elle se calcule en soustrayant les charges opérationnelles de l’atelier à ses produits.

Marge brute = produits de l’atelier – charges opérationnelles de l’atelier

Le logiciel entreprendre en agriculture

Entreprendre en agriculture est un logiciel que nous avons conçu spécialement pour aider les porteurs de projets à chiffrer la rentabilité de leur projet d’installation.

Une fois que vous maîtriser les 8 chiffres cités plus haut, que vos objectifs d’installation sont précis, que vous savez quel sera votre système de production, il vous reste à rentrer les chiffres dans ce logiciel.

Quelles sont les fonctionnalités du logiciel « entreprendre en agriculture »

  • Accessible depuis une connexion internet depuis n’importe quel ordinateur ou tablette (attention, ce logiciel ne peut pas être téléchargé sur votre PC)
  • Tutoriels vidéos d’aide à la saisie de chaque onglet du logiciel
  • Quizz d’auto-évaluation de vos connaissances en gestion
  • Estimation sur 4 ans de :
    • Chiffre d’Affaires
    • EBE
    • Marge brute par atelier
    • Plan de financement
    • Budget de trésorerie mensuel
    • Tableaux de bord synthétiques pour faciliter le pilotage du démarrage de l’activité
    • Export complet de l’étude au format pdf pour une présentation aux partenaires

 

Pour avoir accès au logiciel « entreprendre en agriculture », cliquez ici !