Réussir en collectif


Devenir un agriculteur indépendant ?

 

S’installer en agriculture aujourd’hui ? Travailler 60 H par semaine, s’endetter à vie, pour un revenu de misère… Courageux, téméraire, fou ? Sans doute un peu des trois. Que dire pourtant de l’attrait de la vie à la campagne, de l’indépendance, du plaisir d’être son propre patron ? Malgré les difficultés, le métier attire donc toujours des femmes et des hommes, issus du milieu ou non. Quelques-uns vont échouer et se décourager, surtout s’ils sont seuls, mais la majorité va peu ou prou s’en sortir. Grâce à de l’ardeur et de l’innovation mais aussi, pour beaucoup d’entre eux, grâce au collectif. Or travailler en groupe, on ne le dit pas suffisamment dans les formations, ne s’improvise pas. Il faut mettre les chances de son côté, faute de quoi l’expérience risque d’être douloureuse, y compris en famille.

L’équation de la réussite est simple à énoncer : des partenaires choisis, un projet solide et partagé, un cadre contractuel, un système de régulation. Regardons-y de plus près.

1 – Choisir ses partenaires

Des professionnels avec qui on partage une vision du métier, des valeurs, une façon de travailler. Pas forcément des amis mais des personnes avec qui on se sent à l’aise et complémentaire, capable de s’accorder.

2 – Construire un projet commun

Le projet est un horizon, un guide, un stimulant. Il nécessite une analyse de l’environnement, au regard des moyens disponibles, des goûts et aptitudes des membres, des partenariats possibles. Il se construit par la discussion dans un esprit d’innovation, en prenant en compte les besoins et aspirations de chacun, en accord avec les valeurs communes.

3 – Se donner un cadre structurant

Un nom dont on est fier, des responsabilités réparties, des règles, des compétences et aussi des usages explicités qui rendent la vie quotidienne agréable. C’est le contrat du groupe.

4 – Réguler le système

Les tensions sont inévitables ; comme tout système, le collectif doit être régulé pour les apaiser et éviter qu’elles ne dégénèrent. La régulation est de la responsabilité de tous, notamment du leader. Elle passe par la parole qui explicite les émotions (notamment la colère) et les besoins de chacun, en particulier la reconnaissance, le respect et le bien-être.

Nous y reviendrons.

 

Yves LE GUAY

Auteur de “Vivre et travailler en équipe, un GAEC sur le vif” aux Editions de la France Agricole et de séries de vidéos sur les relation humaines, chez Agri-Learn Editions.

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