Julie KRAWEZINSKI
Julie KRAWEZINSKI vous propose
Julie, le courage tranquille d’une vie réinventée
Il y a chez Julie KRAWEZINSKI, une lumière calme, celle de celles et ceux qui ont pris le temps de comprendre ce qui fait sens pour eux. Rien, dans son parcours, n’était écrit d’avance. Après un bac scientifique décroché à la force du poignet — « j’adorais l’école mais j’avais du mal à apprendre », confie-t-elle — elle s’oriente d’abord vers les métiers du social, mue par un profond désir d’aider les autres et de changer le monde. Mais les portes se ferment, les accès aux formations souhaitées lui échappent. La vie, déjà, l’invite à bifurquer. Sensible aux questions environnementales et à la nature, elle s’inscrit à la fac, dans une filière « Sciences de la Terre et de l’environnement ». Mais très vite, elle découvre que derrière les discours écologiques de certains intervenants, se cachent parfois les intérêts des grandes entreprises, pétrolières notamment. Déception ! Alors elle quitte tout, sans même attendre ses résultats de partiels : « Je ne sais toujours pas si j’ai ma licence… mais ce n’était plus ma voie. »
« Je nourris les gens. Et ça, c’est utile. »
C’est en Alsace, dans un BTS horticole, que Julie trouve enfin son terrain d’équilibre. Les plantes, le vivant, les mains dans la terre : tout s’aligne. Elle découvre le maraîchage bio, et c’est une révélation. Suivent des stages, puis un poste de salariée dans une ferme pionnière de Côte-d’Or, le Pré Velot. Huit années d’apprentissage intense, de récoltes et de semis, de marchés à Dijon, d’amitiés fortes et de valeurs partagées. Julie s’y forge une conviction : « Je nourris les gens. Et ça, c’est utile. » Mais le travail agricole, elle le découvre, est rude. Après la naissance de sa fille, un burn-out et des soucis de santé viennent bousculer son équilibre. Une hernie cervicale, une opération urgente, la peur de la paralysie… puis la renaissance. De cette épreuve naît un projet : créer sa propre activité, à sa manière.
Quand les planètes s’alignent
Avec Émilien, son compagnon, elle trouve un petit terrain à cent mètres de leur maison, dans leur village. Le hasard — ou le destin — met sur leur route un vieux maraîcher prêt à leur vendre un hangar et un ancien horticulteur pour de précieux conseils. Tout s’enchaîne. Trois serres, une citerne, un prêt de 13 000 € à la banque. Et beaucoup de courage. Julie se lance dans la production de plants bio : tomates, poivrons, aromatiques, fleurs comestibles. Les débuts sont rudes, les pertes nombreuses, mais l’expérience fait grandir. Aujourd’hui, elle en est à sa quatrième saison, officiellement installée depuis janvier 2025. De la jeune étudiante désorientée à la cheffe d’exploitation passionnée, Julie a trouvé sa voie : humble, lucide et profondément humaine. Elle dit souvent qu’elle n’a pas choisi ce métier : « C’est la vie qui m’a guidée jusque-là. » Et à l’écouter parler de ses plants, de ses serres, et de cette terre qu’elle soigne chaque jour, on se dit que la vie a bien fait les choses.