Et pourtant, l’homéopathie marche…


Quand la médecine conventionnelle ne peut plus rien pour vous, il vous reste un dernier recours, l’homéopathie ! C’est un peu « l’Agence tous risques » de la médecine (repassez-vous le générique de cette série !). Mais, sérieusement, plus qu’un traitement de la dernière chance, en des temps de réduction de l‘usage des antibiotiques, l’homéopathie prend toute sa place. Il est alors des plus intéressant d’en comprendre ses fondements et ses modes d’utilisation.

L’homéopathie et la loi de la similitude

Le principe de base de l’homéopathie est de soigner le mal par le mal. Ce traitement fût initié par le médecin allemand Samuel Hahnemann (1755-1843) à partir 1796 et il le formalisa dans son ouvrage « Organon de l’art de guérir » publié en 1810. Sans s’attarder (comme il le faudrait) sur la biographie de ce personnage, rappelons qu’il vécut les dernières années de sa vie à Paris où il mourût (sa tombe est au Père-Lachaise), ce qui explique un engouement précoce et soutenu pour la médecine homéopathique en France (où se trouve aujourd’hui la principale entreprise pharmaceutique produisant les médicaments homéopathiques).

Comment s’applique la loi de la similitude ? Partant des symptômes déclarés par le malade, on détermine la substance qui à dose toxique provoque les mêmes symptômes sur une personne saine. Cette substance fortement diluée et dynamisée va devenir le remède homéopathique. Ce principe n’est pas sans nous évoquer celui de la vaccination (autre sujet d’étude d’Hahnemann), mais le rapprochement s’arrête là puisque en théorie l’homéopathie n’a aucune utilité préventive.

Si nous laissons Patrice Rouchossé vous expliquer précisément la réalisation du remède en question, sachez que 1ml de la substance concernée est dilué dans 100 ml d’eau, puis dynamisé à 100 reprises, pour aboutir à une centésimale hahnemannienne, le fameux CH qui est indiqué sur tout remède homéopathique. Au-delà de 12 CH, il est reconnu qu’il ne reste, à force de dilution, plus aucune trace de la substance de base, d’où l’affirmation « il n’y a plus rien dedans »… mais alors, comment agît le médicament homéopathique ? Certains scientifiques répondent : effet placebo.

Effet placebo versus homéopathie : qui gagne ?

Après de nombreuses études, certains scientifiques ont posé leurs résultats : l’homéopathie n’agirait pas mieux qu’un placebo, ce médicament sans substance active mais dont la seule prise déclencherait chez le patient une réaction psycho-physiologique améliorant son état (réaction difficilement envisageable chez des animaux, ou même avec des plantes, sur lesquels l’homéopathie agit). A cela, d’autres scientifiques répliquent mémoire de l’eau et physique quantique pour expliquer qu’il subsiste bien un principe actif dans le remède homéopathique. Face à cet aréopage, le modeste citoyen utilisateur de l’homéopathie a mis son grain de sel, contrariant dans un même élan la communauté scientifique et l’Etat : c’est l’exemple suisse.

Comme le dit Patrice Rouchossé, le ministère de la santé suisse a décidé d’accorder en 2016 le même statut (et remboursement) à l’homéopathie qu’à la médecine conventionnelle (aussi appelée allopathie).  Si nos très sérieux amis de la Confédération Helvétique (CH) ont pris cette décision, cela prouve bien l’efficacité des remèdes homéopathiques. Toutefois, il faut bien préciser que c’est le citoyen suisse qui a provoqué cette reconnaissance officielle : après une première période d’essai de remboursement entre 1999 et 2005, le gouvernement  suisse avait décidé de suspendre le remboursement des médicaments homéopathiques les jugeant inefficaces, mais une initiative populaire (vive la démocratie directe !) poussa le gouvernement à soumettre au vote populaire le remboursement des médecines dites complémentaires le 17 mai 2009, vote favorable à ces dernières. Et donc, après plusieurs années d’atermoiements, l’homéopathie obtint, accompagnée entre autres de la phytothérapie et de la médecine chinoise (les rhinocéros ne vous disent pas merci), sa reconnaissance en mars 2016. Cette longue digression rappelant que rien n’est simple et acquis lorsque l’on touche à l‘homéopathie. Ce que nous allons aussi constater dans sa mise en pratique.

L’homéopathie est une empathie

Patrice Rouchossé va vous expliquer très en détail et avec des cas pratiques comment soigner des animaux avec l’homéopathie.  Nous l’avons vu, la recherche des symptômes est essentielle pour déterminer le remède à utiliser. L’accent doit être mis sur l’observation, longue et attentive, de la bête malade car même (l’on devrait dire: surtout) des manifestations comportementales sont à considérer. L’homéopathie est une médecine holistique où la prise en compte du psychisme du patient a toute sa place. L’histoire du malade, l’histoire de sa maladie a toute son importance parce que tout malade à traiter est un cas particulier : c’est l’individualisation du malade. Après cette anamnèse, un remède pourra être prescrit en utilisant le répertoire de référence, avec la difficulté supplémentaire pour le vétérinaire de traduire des comportements et symptômes exprimés par des animaux alors que ce répertoire a été conçu pour l’être humain…C’est pour interpréter au mieux les actes et agissements du malade  que le médecin homéopathe doit faire preuve d’une empathie certaine, une empathie que l’on doit aussi retrouver chez l’éleveur qui doit renseigner avec précision le vétérinaire homéopathe sur le moindre comportement inhabituel de sa bête malade.

Oui, avec l’homéopathie, le docteur vétérinaire Patrice Rouchossé  a des résultats et les présente volontiers. Il n’a jamais été recouvert de goudron (ou plutôt de bouse) et de plumes comme au temps du Far West par un client vindicatif ! Samuel Hahnemann affirmait lui-même à propos de l’homéopathie dans un de ses écrits en 1813 : « Ce que nulle matière médicale, ce qu’aucun système de médecine, aucune thérapeutique n’avaient fait ni pu faire jusqu’ici elle le demande à grands cris : elle veut être jugée d’après les résultats ». Pour finir, il n’y a qu’en l’essayant que vous pourrez juger de l’efficacité de cette thérapeutique.

 

Découvrez notre série de vidéos sur l’homéopathie en élevage :