Initiation à l’agriculture permaculturelle

Dans cette formation, découvrez l’histoire de la permaculture, sa philosophie et ses fondamentaux : les 12 principes fonctionnels et la méthode de design. Au-delà vous découvrirez des techniques concrètes pour la mettre en œuvre en agriculture à travers les trames écologiques, la régénération des sols ou l’agroforesterie notamment.

Le cours en vidéos comprend :

  • 14 vidéos - 3h10
  • 1 quiz et 34 questions pour vérifier vos acquis

En option :

  • Conseil individuel 30 mn avec Joris DANTHON

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Le programme

  • L'agriculture permaculturelle
    • Histoire de la permaculture17min
    • Définition de la permaculture10min
    • Déconstruire les stéréotypes15min
    • Ethique et philosophie permaculturelles9min
    • 12 principes fonctionnels37min
    • La méthode de design26min
    • Les trames écologiques12min
    • La régénération des sols13min
    • La gestion de la fertilité et de l’eau13min
    • Agroforesterie7min
    • Diversité et synergies8min
    • La voie des low tech8min
    • Penser la transition socio-écologique6min
    • Ressources pour aller plus loin7min
    • Quiz34 questions

Les objectifs

  • Découvrir le contexte historique de la création de la permaculture
  • Savoir différencier la permaculture d’autres pratiques ou techniques agricoles
  • Comprendre l’éthique et la philosophie qui fondent la permaculture
  • Connaitre les 12 principes fonctionnels
  • Découvrir la méthode de design

Pré-requis

  • Aucun pré-requis n'est nécessaire

Public cible

  • Porteurs de projet en permaculture
  • Agriculteurs qui se questionnent sur leurs pratiques
  • Élèves de l’enseignement agricole

Extrait gratuit

Déconstruire les stéréotypes

Expert - Auteur de la formationInitiation à l’agriculture permaculturelle

Formateur de la formation

Joris DANTHON

Formateur-consultant en permaculture

C’est un tout nouveau métier que celui de formateur-consultant en permaculture, et c’est celui que Joris DANTHON a choisi. Alors diplômé d’une licence en droit et d’un master en géographie et aménagement du territoire, il découvre la permaculture en 2015...

Résumé de la formation


Voilà un sujet bien dans l’air du temps, à la confluence de plusieurs courants de pensée traversant le monde agricole et l’ensemble de notre société. En effet, impossible aujourd’hui d’ignorer en France l’apparition dans nos campagnes d’une néo-paysannerie souvent associée, à juste titre, au développement de la permaculture. Qui sont au juste ces nouveaux paysans ? Des citadins courageux, encore assez jeunes pour se lancer dans une reconversion professionnelle périlleuse, fuyant la ville et ses activités futiles pour un retour à la terre écologiquement engagé. De fait, leurs aspirations collent parfaitement à l’éthique permaculturelle, que l’on peut résumer ainsi : prendre soin de la Terre, prendre soin de l’Homme, s’ouvrir au partage équitable. Ajoutons la recherche d’une plus grande autonomie, sans pour autant s’isoler. Mais ces apprentis paysans appliquent, parfois, ce credo de façon caricaturale. Leurs convictions se mêlent alors à une certaine radicalité. Pourtant, les préceptes de la permaculture sont plus souples que d’aucuns le pensent. Dès lors, la réflexion holistique de ses fondateurs mérite bien quelques éclaircissements. Notre expert, Joris Danthon, va nous servir de guide.

Origine et définition de la permaculture : de nombreuses influences au cœur d’une philosophie globale

Les deux cofondateurs de la permaculture, Bill Mollison (1928-2016) et David Holmgren (né en 1955), sont australiens. Le premier est originaire de Tasmanie où il a passé la plus grande partie de sa vie. C’est loin d’être anodin. Car cette île verte, où une flore exceptionnelle abrite une faune originale et malheureusement menacée, a été une source d’inspiration évidente pour Bill Mollison. Sa forêt primaire admirable est même en partie protégée par l’UNESCO, grâce à son inscription au « patrimoine mondial ». Et elle en a bien besoin, étant soumise à la pression destructrice d’une agriculture intensive, ainsi qu’à l’exploitation commerciale sans scrupules de son bois. Sujet d’âpres débats entre ONG, dirigeants politiques et industriels, sa préservation fut l’enjeu d’une longue « guerre des forêts » conclue par un accord (vite malmené) en 2012.

Au vu de la situation, Bill Mollison interroge très tôt notre rapport au monde et à la nature afin de bâtir une agriculture pérenne (d’où le nom de permaculture, créé par Mollison au milieu des années soixante-dix). Devenu enseignant à l’université de Tasmanie après un parcours professionnel riche de nombreuses expériences, Bill Mollison théorise sa pensée en collaboration avec l’un de ses étudiants, David Holmgren. Deux ouvrages fondamentaux, sobrement titrés en français Permaculture 1 (1978) et Permaculture 2 (1979), viendront consacrer ces échanges.

Sources d’inspiration et pionniers de la permaculture

Bill Mollison et David Holmgren ont mis en avant l’étude des écosystèmes naturels. Ces derniers offrent en effet un fabuleux modèle à reproduire (par biomimétisme), et à préserver. Les fondateurs de la permaculture ont aussi observé les techniques et le rapport pratique, tout autant que symbolique, des anciennes sociétés avec leur milieu naturel. D’où leur intérêt pour les peuples premiers (aussi appelés autochtones ou aborigènes) et les paysanneries traditionnelles.

Plusieurs personnalités ont également influencé la permaculture par leurs travaux :

Sir Albert Howard (1873-1947), le « grand-père » de l’agriculture biologique Robert Hart (1913-2000) et le concept de jardin-forêt Perceval Alfred Yeomans (1905-1984), avec sa méthode d’aménagement des paysages agricoles afin de mieux utiliser et stocker l’eau pluviale Franklin Hiram King (1848-1911), dont les travaux sur les agroécosystèmes traditionnels en Asie (Chine, Corée et Japon) aboutiront au concept d’agriculture permanente Joseph Russell Smith (1874-1966) et l’agroforesterie. Il décrit ce système dans « Tree crops (cultures d’arbres) : a permanent agriculture » publié en 1929. Masanobu Fukuoka (1913-2008) et son ouvrage « La révolution d’un seul brin de paille » paru en 1975. Rejetant l’agriculture intensive, il définit une pratique influencée par le taoïsme et prône le « non-agir » au niveau agronomique : c’est l’agriculture naturelle. Le « rapport Meadows » (du nom de deux de ses co-auteurs), initié par le fameux Massachusetts Institute of Technology (M.I.T), et publié sous l’égide du Club de Rome en 1972 avec pour titre « Les limites à la croissance ». À l’aide de l’informatique, ce rapport prédit un « effondrement » (catastrophe environnementale et sociétale) en cas de maintien de notre modèle de développement industriel (dont l’opposé est le développement durable).

Une définition de la permaculture : la parole aux fondateurs

Pour David Holmgren : « la permaculture est un système de conception basé sur une éthique et des principes qu’on peut utiliser pour concevoir, mettre en place, gérer et améliorer toutes sortes d’initiatives individuelles, familiales et collectives en vue d’un avenir durable ».

Nous voyons ici que la permaculture peut s’appliquer à différentes échelles (individuelle, familiale ou collective).

Pour Bill Mollison : « la permaculture est une philosophie qui vise à œuvrer avec la nature plutôt que contre elle ; à l’aide d’une observation prolongée et réfléchie plutôt que par un travail prolongé et irréfléchi ; en regardant les plantes et les animaux dans toutes leurs fonctions, plutôt que de traiter n’importe quelle zone comme ne produisant qu’une chose ».

C’est donc une façon particulière d’appréhender le monde.

Notre expert synthétise ces définitions par une simple phrase, la permaculture c’est : « l’art de créer des écosystèmes humains durables ».

Dans ce cadre précité, soulignons que la permaculture ne met pas de côté la réponse aux besoins humains.

Quelques idées reçues sur la permaculture qui enveniment souvent les discussions entre amis

Joris Danthon l’affirme : la permaculture n’est pas dogmatique, elle nous propose simplement des pistes de réflexion. S’il tient tant à cette précision, c’est parce que la permaculture est parfois définie à gros traits. Nous allons donc passer en revue ces clichés, dont certains ont la peau dure :

En matière d’aménagement, c’est le chaos ! C’est une vision caricaturale de la place faite au « sauvage », au vivant, en permaculture. En effet, la survie économique d’un projet permaculturel impose la matérialisation d’un équilibre entre la liberté redonnée à la nature et la gestion comptable dudit projet (ferme ou micro-ferme).

Les buttes de culture et les spirales d’aromatiques Il est vrai qu’elles caractérisent souvent les projets en permaculture. Mais, selon le contexte, elles peuvent se révèler superflues. On peut donc très bien cultiver en permaculture sans réaliser ce type d’aménagement.

L’interdiction de la mécanisation Une bonne fois pour toutes, « il n’y a pas de cahier des charges [de contrainte] technique ; il n’y a pas de labellisation en permaculture ». C’est au cas par cas, selon les spécificités du projet, que le permaculteur décidera d’utiliser (ou non) les ressources de la mécanisation (et sa promesse d’un travail rapide et économique… ). Une mécanisation lourde peut même s’imposer dans la mise en place d’un projet. On peut aussi y recourir au quotidien, selon l’importance de son entreprise, pour des travaux réguliers d’entretien des cultures. Cela n’empêche pas non plus de réfléchir à notre dépendance aux hydrocarbures, cette source d’énergie n’étant ni éternelle, ni renouvelable…

Une agriculture naturelle Masanobu Fukuoka a inspiré, comme nous l’avons vu, les fondateurs de la permaculture. Toutefois, ses préconisations (pas de labour, pas de désherbage ni d’engrais) ne sont pas des règles indiscutables de la permaculture.

Le mythe du hamac Notre expert le dit sans détour : « il y a une attention forte dans l’approche permaculturelle sur comment l’on va diminuer la charge de travail ». Mais il distingue le projet s’inscrivant dans une agriculture vivrière de celui développé à des fins commerciales. Dans ce dernier cas, la charge de travail reste, permaculture ou pas, importante.

L’interdiction de l’argent Certes, David Holmgren et Bill Mollison ont questionné la place de l’argent dans le fonctionnement de notre société, en pointant du doigt la marchandisation du monde. En retour, Ils ont même proposé des alternatives comme le troc, l’échange, ou le don. Toutefois, nulle part ils n’ont prononcé l’interdiction de l’argent et des pratiques commerciales comme fondements de la permaculture.

Permaculture = micro-ferme maraîchère Cette équation n’est valable qu’en France, où la néo-paysannerie pratique la permaculture avec une ambition économique souvent volontairement limitée.

Principes et mise en place d’un projet agricole en permaculture

Les douze principes fonctionnels qui structurent la démarche permaculturelle selon David Holmgren

Ce sont bien plus des sources d’inspiration pour le permaculteur que des règles à suivre :

  1. Observer et interagir

Cela signifie, en quelque sorte, qu’il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs ! L’aspirant permaculteur doit prendre en compte le contexte général de son projet. Bien sûr, il doit analyser le sol qu’il souhaite travailler, mais il doit aussi obtenir, auprès des Chambres d’agriculture ou d’industrie, des données éclairant le contexte socio-économique du territoire où il se trouve. Et il ne doit pas non plus négliger le cadre institutionnel voire juridique.

  1. Collecter et stocker l’énergie

S’inscrire dans les cycles naturels, c’est aussi gérer au mieux l’énergie disponible (principalement fournie par le soleil ou l’eau). Ainsi, par exemple, pour maintenir la chaleur nécessaire à nos cultures, notre expert nous explique les avantages d’une serre semi-enterrée agrémentée de bidons d’eau.

  1. Créer une production

Et surtout, pour dans combien de temps ? Dame Nature n’est pas pressée et nous incite à penser à long terme. Mais le permaculteur doit bien répondre à des besoins, les siens comme ceux de ses clients. De plus, pas facile aussi d’entretenir sa motivation lorsque ses récoltes restent faibles, voire inexistantes, pendant plusieurs années ! Il faut planter des cultures rapides, si possible à haute valeur ajoutée, pour lancer son entreprise. On peut aussi mettre en place des services (en lien avec l’agritourisme par exemple) pour développer son activité.

  1. Appliquer l’autorégulation et accepter la rétroaction

Faire un bilan complet (ce qui marche ou pas) de son action révèlera les problèmes à résoudre. En outre, tout projet évolue. Permaculture ne veut pas dire immuabilité ! La résilience, la capacité d’adaptation, est une clé « absolument fondamentale » de la pérennité (face au changement climatique par exemple).

  1. Utiliser et valoriser les services et les ressources renouvelables

On pense bien sûr à l’eau pluviale (qui se fait rare, certaines années). Mais l’on peut aussi créer soi-même une ressource renouvelable, avec des taillis par exemple, qui feront un bois de chauffage très correct.

  1. Ne pas produire de déchets

Et si, malgré tout, des déchets sont produits, comment les recycler et faire en sorte qu’ils profitent au permaculteur en herbe (ou à un autre acteur économique de son territoire) ? Les déchets organiques issus de nombreuses activités (par exemple, les déchets verts produits par les services d’entretien des espaces verts ou les paysagistes, voire le simple particulier) sont sous-valorisés, alors qu’ils pourraient fort bien agrader (améliorer) le sol.

  1. Partir des structures d’ensemble pour arriver aux détails

C’est « un principe de bon sens, mais encore faut-il l’appliquer » ; un système de production dysfonctionnel provient souvent de l’ignorance de ce principe.

  1. Intégrer plutôt que séparer

C’est la notion, très importante en permaculture, de recherche de synergie, entendez d’interactions positives entre les éléments d’un système donné. Une même zone peut ainsi avoir plusieurs fonctions. Cette synergie doit s’épanouir dans le domaine agronomique, mais aussi au niveau socio-économique territorial.

  1. Utiliser des solutions de petites échelles et avec patience

Principe en opposition totale avec l’agriculture intensive dominante. S’inscrire dans la longue durée permet de développer ses compétences tout en mettant à profit son expérience pour s’adapter à un contexte évolutif. On diminue ainsi forcément le risque d’échec de son entreprise.

  1. Utiliser et valoriser la diversité

En effet, un agroécosystème diversifié présente plusieurs avantages. Il permet d’amortir les fluctuations économiques tout en développant des synergies agronomiques. De surcroît, la diversité des espèces (en terme génétique) rend un système de production plus résilient face aux aléas climatiques, ou autres attaques de ravageurs. Toutefois, la diversification, commercialement parlant, doit être réalisée prudemment en s’interrogeant sur les compétences à maîtriser, comme sur les débouchés économiques de telle ou telle production.

  1. Utiliser les interfaces et valoriser les éléments en bordure

En sachant que les écotones (zones de transition entre deux écosystèmes, comme les haies bocagères ou les ripisylves) abritent de nombreuses espèces végétales et animales d’une grande diversité, ne doit-on pas absolument préserver (voire recréer) ces zones en bordure ?

  1. Utiliser le changement et y réagir de manière créative

Aujourd’hui, le mot climatique est comme soudé à celui de changement. Nous le subissons avec des sécheresses et des canicules récurrentes, parfois des inondations. Or, en regardant du côté de l’agroforesterie, l’on apprend que la culture du Paulownia (arbre à croissance très rapide originaire du nord de la Chine et un tantinet invasif) peut offrir dès le début d’un projet un ombrage important, amenant ainsi une régulation thermique et hydrométrique on ne peut plus appréciable (sans compter ses racines très denses, son bois léger, ses très grandes feuilles riches en azote, ses fruits non comestibles mais aux vertus médicinales et cosmétiques reconnues, et surtout, ses belles fleurs violettes odorantes que les abeilles adorent !).

Les principes de conception en permaculture de Bill Mollison

En écho aux principes que l’on vient de détailler, on peut ajouter ces pistes de réflexion fournies par Bill Mollison. En voici quelques-unes, pêle-mêle :

Travailler avec la nature plutôt que contre elle Le problème est la solution Les seules limites sont celles de notre imagination Chaque élément assure plusieurs fonctions, et chaque fonction est assurée par plusieurs éléments Trouver le plus petit élément amenant le plus grand changement

La méthode de design (ou de conception de projet), fondement de l’approche permaculturelle

Le projet agricole doit respecter l’éthique permaculturelle en impactant de manière positive l’environnement et la société. Construit autour de la notion de partage équitable, il doit prendre en compte le facteur humain comme le bénéfice économique, tous deux nécessaires à sa pérennité.

On résume la méthode de design par l’acronyme VOBREDIMET qui se décompose comme suit :

Vision du projet : en pratique à travers une carte mentale, un nuage de mots, ou un dessin. Il faut formaliser ses aspirations en termes de salaire, de relation avec le territoire et d’ouverture sur l’extérieur. Déterminer l’ambition économique de l’entreprise et sa dimension familiale ou collective. Pour un projet de groupe, les objectifs doivent être clairs sous peine de conduire à l’échec. Observation : cela signifie connaître le contexte juridique, institutionnel et politique de son projet autant que la situation économique, les ressources disponibles et les données physiques (sol, topographie, climat). L’on se tournera ainsi rapidement vers la documentation cartographique fournie par les sites internet cadastre.gouv.fr ou geoportail.gouv.fr. Et il sera alors utile d’appliquer l’échelle de permanence de Yeomans. Bordures : soit l’environnement du projet et les influences pouvant le modifier. Déterminer aussi ses limites (contraintes financières, juridiques, de force de travail etc.) et ses partis pris (non-recours à la mécanisation par exemple). Ressources, aussi bien matérielles, naturelles, financières, qu’humaines (comme les compétences et la disponibilité des personnes impliquées). Évaluation du projet : phase charnière pour laquelle on peut appliquer la grille de lecture AFOM (Atouts, Faiblesses, Opportunités, Menaces) et examiner les objectifs en se souvenant d’un autre acronyme, SMART pour Spécifiques, Mesurables, Acceptés par les parties prenantes, Réalistes, Temporalisés. La conception technique du projet découlera de ces objectifs précis. Dessin : directement inspiré par ce qui précède, c’est l’étape de création du projet au point de vue physique, économique, humain ou encore juridique et, bien évidemment, agronomique (avec un prévisionnel technico-économique). L’interaction entre tous ces éléments faisant l’objet d’un soin particulier. Un zonage lié à la fréquence d’usage des différents espaces pourra être défini (de 0 pour une zone d’habitation à 5 pour une zone laissée sauvage). Le but étant de positionner les éléments du projet de manière logique et optimale. Cette étape du dessin constitue le cœur de la méthode de design. Implémentation : c’est-à-dire la mise en œuvre. Maintenance : elle sera d’autant plus réduite que le projet est bien construit. Évaluation : une fois par an au minimum afin d’identifier les éventuels changements à réaliser. Appliquer la rétroaction. Transformation : car le système permaculturel est en perpétuelle évolution.

Des techniques anciennes au service d’une pensée nouvelle : la permaculture, une philosophie d’avenir

Créer, recréer, et préserver les trames écologiques dans un contexte de destruction de l’environnement

L’effet néfaste des pesticides sur notre environnement a été décrit par la biologiste Marine Rachel Carson dès 1962 (dans son livre « Printemps silencieux »). D’autres phénomènes sont à surveiller, comme la disparition des trames écologiques. La restauration de ces espaces précieux pour le maintien de la biodiversité est fondamentale dans un projet permaculturel. En effet, ils offrent « le gîte et le couvert » à bon nombre d’espèces. Ils correspondent aux zones 4 et 5 de la fréquence d’usage que nous venons de voir dans le paragraphe Design. Le maillage bocager en est l’exemple parfait. « Grande trame écologique s’il en est », il a connu son apogée en France entre 1850 et 1930. Il est aujourd’hui réduit à la portion congrue, rogné de toutes parts par l’artificialisation des terres (construction de routes et lotissements, de zone d’activités ou commerciale, sans oublier le remembrement des années soixante).

Pour reconstituer cette trame verte, pas de secret, il faut planter des haies de manière appropriée. On délimite aussi une trame bleue en rapport avec les zones humides. Cette fois, le salut passe par la mare. Moins visible, mais à ne pas négliger, il existe aussi une trame brune formée par le réseau mycélien souterrain. Celui-ci, beaucoup plus fin et étendu que le système racinaire des plantes, démultiplie leur surface de captation de l’eau et des nutriments. Son expansion dépend de pratiques agronomiques, agroforesterie ou entretien de la fertilité du sol, que nous allons détailler dans les paragraphes suivants.

La régénération des sols

L’industrialisation de la production agricole contrarie la vie biologique du sol. Ainsi, le taux de matière organique dans les champs n’est plus que de 1 à 2 %, contre 4 à 5 % dans les années 50. Et ce n’est qu’un effet négatif parmi d’autres de ce mode de production. Le sol est « sous perfusion », amendé à l’excès. En outre, le travail mécanique compacte le sol et lui fait perdre sa perméabilité, sans parler de son érosion. Face à de tels dégâts, une analyse du sol couplée à un bilan humique déterminera la meilleure manière de redresser son activité biologique, en utilisant :

Amendements en minéraux Compost Litière forestière fermentée Bois raméal fragmenté Biochar (« charbon » obtenu après pyrolyse) Engrais verts / couverts végétaux Arbres et arbustes (le paragraphe sur l’agroforesterie arrive un peu plus bas) On pourrait allonger cette liste avec la réalisation d’aménagements hydriques ou la couverture du sol. Mais avec ces pratiques, on parle déjà davantage d’entretien de la fertilité que de régénération du sol ; comme c’est aussi le cas avec le semis direct sous couvert et son « mulch vivant ».

La gestion de la fertilité et de l’eau

« Si nous faisons bien notre travail en tant que permaculteurs, nous créons des agroécosystèmes où l’on maintient la fertilité [du sol] et l’eau d’une façon qui devrait être durable sur des décennies, voire sur des siècles. Mais comment faire ? » Pour cela, il faut bien connaître les grands cycles biogéochimiques, ceux de l’eau et du carbone en premier lieu. On se rend compte que nous avons le plus souvent une gestion linéaire de la fertilité : les grands cycles sont rompus. Ainsi, les minéraux des sols, éléments majeurs de la fertilité, finissent irrémédiablement dans la mer (avec nos déchets plastiques non recyclés). D’où une perte de fertilité systémique. La permaculture souhaite « reboucler les boucles » de ces grands cycles afin de sauvegarder ces minéraux. Alors voici quelques propositions en réponse à la question posée plus haut : « mais comment faire ? »

Développer le système de production polyculture-élevage où le fumier des animaux (herbivores le plus souvent) fertilise les cultures. À défaut de le pratiquer sur la même exploitation, une synergie entre différentes fermes doit être recherchée. Produire moins de déchets organiques. Par exemple, l’ensemble des activités du secteur agro-alimentaire (transformation, transport, conditionnement, commercialisation, consommation du produit, la dernière étape nous concernant particulièrement) est responsable de la perte d’un tiers de la production agricole française selon la FAO. Quant aux déchets organiques ainsi engendrés, ils pourraient être bien mieux valorisés. Relancer la question de nos « propres » déchets organiques, nos excréments : les toilettes sèches, on en parle ? Développer l’agroforesterie, en associant l’arbre à des cultures, ou à de l’élevage. Alors que ses racines récupèrent les nutriments du sol et empêchent la lixiviation (lessivage des solutions aqueuses) de ce dernier, ses feuilles absorbent le CO2 et enrichissent la biomasse du sol en tombant, source de fertilité. La notion de ration du sol rejoint ce processus d’entretien de la fertilité. Il faut aussi rappeler le rôle précieux des mycorhizes, qui augmentent l’efficacité du réseau mycélien (la trame brune), tout comme celui des plantes actinorhiziennes, qui fixent l’azote atmosphérique dans leurs nodules racinaires en symbiose avec des bactéries.

Pour la gestion de l’eau, le système de « keyline design » (conceptions et lignes clés) de Percival Alfred Yeomans est adopté par la permaculture. L’aménagement paysager permet de freiner, canaliser, capter et stocker les eaux pluviales. Des précautions agroécologiques, comme celles visant à limiter l’évapotranspiration (couverture du sol, brise-vents, ombrages et canopées), viendront compléter ces dispositions.

L’agroforesterie : l’arbre dans le champ

Comme Joris Danthon le souligne, l’agroforesterie est « un élément absolument crucial pour la mise en place d’agroécosystèmes réellement durables ». Elle permet à l’Homme d’agir en symbiose avec la Nature, et non contre elle, sans déranger les grands cycles biogéochimiques. C’est dire l’importance d’un sujet que nous allons ici simplement effleurer (vous trouverez bien sûr dans la vidéo de notre expert moult précisions et références utiles). Nonobstant, présentons quelques pratiques liées à l’agroforesterie :

Le sylvopastoralisme : consiste à faire pâturer des animaux d’élevage dans un système agroforestier (en profitant, par exemple, de la redécouverte des arbres fourragers). Le modèle verger-maraîcher : insérer des planches de cultures entre des bandes fruitières. Des allées en grande culture : on applique le même principe que dans le point précédent, mais à plus grande échelle. Ainsi, on alterne des plantations de plein champ avec des haies formées d’arbres ou arbustes (plantés correctement…)

Maximiser les interactions positives : un objectif réalisé grâce à la diversité des cultures et la synergie entre espèces

Un projet en permaculture se signale souvent par la diversité (génétique) des espèces ou des races. L’idée n’est pas seulement de conserver un patrimoine menacé. En effet, Joris Danthon témoigne des nombreux avantages que l’on peut en retirer.

Au niveau végétal, la polyculture est un bon moyen pour atteindre cette diversité. Mais associer des cultures à la recherche de l’interaction optimale, symbiose ou synergie, est un art subtil. Notre expert nous délivre donc les mises en garde suivantes :

Choisir des espèces et des variétés adaptées aux conditions pédoclimatiques Éviter d’associer deux espèces d’une même famille botanique (pour ne pas cumuler les mêmes ravageurs ou maladies) Sélectionner des espèces ayant les mêmes besoins en eau et fertilité (ça va sans dire, mais ça va mieux en le disant !) Varier les strates végétales (l’exemple parfait étant le jardin-forêt) Mélanger espèces de pleine lumière et espèces de mi- ombre (la première faisant de l’ombre à la seconde) Utiliser la contre-plantation (en mélangeant des espèces aux cycles végétatifs différents) S’informer sur les relations allélopathiques entre les plantes (ainsi, poireaux et carottes émettent des signaux biochimiques repoussant les mouches de l’autre) Ne pas oublier l’apport d’azote obtenu avec les fabacées, de soufre par les brassicacées, etc. Les méteils sont utilisés pour les grandes cultures. En outre, les animaux peuvent aussi développer des synergies intéressantes : en succédant aux vaches, les poules se nourriront des vers contenus dans leurs bouses, débarrassant cette prairie des parasites. Les bovins de retour les en remercieront !

Notre rapport à la technologie : la voie des low tech (ou basses technologies)

C’est clair comme deux et deux font quatre : les ressources énergétiques fossiles ne sont pas éternelles. Leur utilisation massive et leur exploitation créent de nombreux problèmes comme des :

Impacts environnementaux Tensions géopolitiques Rendements décroissants (leur exploitation coûte de plus en plus cher) Échéances prochaines des pics de production (en 2030 pour les hydrocarbures ? Comment anticiper la chute de cette production ?) Risques systémiques (jusqu’à « l’effondrement » de notre civilisation industrielle annoncé par la collapsologie ?) Les outils low tech peuvent-ils vraiment faire partie des remèdes à ces angoisses ? Ils se caractérisent par leur faible coût, le « fait maison » où chacun laisse libre cours à son esprit ingénieux, et enfin leur réparabilité. Voilà comment le vieux hache-paille manuel fait son grand retour afin d’élaborer le mulch dont on a vu l’importance dans la fertilisation du sol.

Quoi qu’il en soit, il faut tout de même trouver un équilibre dans le degré d’utilisation de telle ou telle technologie. Selon notre expert, les critères suivants doivent être pris en compte :

Le coût de l’énergie mécanique reste aujourd’hui bien inférieur à celui de l’énergie humaine. Le low tech n’est donc pas rentable pour les grandes cultures La conséquence sur le prix des produits plus tard soumis au choix du consommateur, la low tech faisant grimper le prix de vente En prolongement de notre premier point, il faut corréler techniques utilisées et taille des agroécosystèmes Des aménagements et des itinéraires techniques doivent être pensés en fonction de la technologie introduite Se ménager, dès le début de son projet, « une piste de réversibilité », une voie de sortie vers l’utilisation de technologies moins dépendantes de sources d’énergie appelées à disparaître.

Et demain ? Penser la transition socio-écologique

Ils sont de plus en plus nombreux, au vu des données scientifiques, à tirer la sonnette d’alarme au sujet du changement climatique dont les effets pernicieux sont indéniables. L’industrialisation de notre système de production est en cause. Or, si aujourd’hui le secteur agricole engendre 20 % des gaz à effet de serre émis en France, il est aussi le seul qui peut envisager un bilan carbone positif. Des solutions sont à notre portée pour mettre un terme à la dégradation de notre environnement, les trouver est la mission de la transition socio-écologique.

La philosophie permaculturelle a d’ores et déjà inspiré de nombreuses propositions. David Holmgren a délivré en 2008 des « Scénarios pour le futur » très remarqués. Auparavant, dès 2006, c’est un enseignant en permaculture britannique, Rob Hopkins (né en 1968), qui expérimenta son concept des « villes en transition » www.entransition.fr/ chez lui, dans la petite cité de Totnes (sud-ouest de l’Angleterre). Il compléta cet élan par l’écriture d’un « Manuel de transition, de la dépendance au pétrole à la résilience locale », publié en 2008 (traduction française en 2010). Et le titre de son ouvrage paru en 2020 « Et si… ? Libérez notre imagination pour créer le futur dont nous voulons », nous rappelle naturellement l’un des principes de conception de Bill Mollison : « les seules limites sont celles de notre imagination »…

Les questions fréquentes

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Pour les coachings individuels: nous transmettons vos coordonnées à l'expert concerné qui prend contact avec vous dans la semaine suivante pour convenir du rendez-vous du coaching

Pour les livres, jeux de cartes et tous les produits physiques :

  • notre equipe s'active pour mettre au courrier votre commande le plus rapidement possible, mais... *... nous sommes en campagne ! Ce qui veut dire que le facteur ne passe qu'une fois le matin...

4 messages d'erreurs sont fréquents :

  1. "le champ email doit contenir une adresse email valide" -> vérifier que vous avez saisi une adresse email correcte.
  2. "le champ email est requis" -> vous avez oublié de saisir votre email
  3. "le champ mot de passe est requis" -> vous avez oublié de saisir votre mot de passe
  4. "mauvaise combinaison" -> le couple email / mot de passe saisi ne correspond pas à ce que nous avons en base de données. Il y a donc une erreur dans la saisie d'une des deux informations. NB : Il est fréquent d'avoir plusieurs emails. L'email indiqué n'est peut être pas celui qui a été utilisé lors de la création de votre compte.

LA SOLUTION : Demandez un nouveau mot de passe en cliquant simplement sur Mot de passe oublié (un nouveau MDP vous sera envoyé par mail - pensez à vérifier vos spams) et suivez la procédure

NON. Toutes nos formations sont accessibles 24/24 et 7/7 depuis un ordinteur, une tablette ou un téléphone relié à internet

La lecture des vidéos est un vrai casse tête et nos équipes mettent tout en oeuvre pour que tout se passe pour le mieux. Il arrive toutefois que des problèmes surviennent !

  1. Le problème le plus fréquent vient de votre débit internet qui n'est pas suffisant : nous avons paramétrés nos vidéos pour qu'elles adaptent leur qualité à votre débit et ainsi limiter les arrets intempestifs pour faire charger la vidéo. Malheuresement, si vous manquez de débit, mieux vaut patienter et revenir plus tard

  2. Pour tout autre problème, à la place de la vidéo, il y aura un message d'erreur : merci de bien noter ce message ou nous en faire un capture d'ecran et nous envoyer un email via le formulaire de contact du site.

Équipement informatique nécessaire : le Client devra disposer de l’équipement informatique minimum Mac ou PC ou tablette pour suivre aisément les contenus des vidéos sur la plateforme de formation :

  • Processeur 1.5 GHz ou équivalent minimum
  • Un navigateur Web mise à jour avec la dernière version disponible.
  • Connexion Internet 2 Mbps recommandée.

Le client aura veillé avant son processus d’achat à ce que les extraits vidéo diffusés gratuitement par Agrilearn sur sa plateforme et la bande sonore associée lui parviennent de manière fluide, sans saccade d’image ni coupure de son.

Si vous êtes inscrit à une formation comportant des visios, veillez à disposer d'une caméra et d'un micro et d'une enceinte en état de marche !

  1. Rendez-vous sur agrilearn.fr
  2. Connectez-vous avec votre identifiant et mot de passe
  3. cliquez en haut à droite sur "Mon compte"
  4. Dans votre compte, vous avez un onglet dans le menu à gauche "Factures"