Argenta, un beau cheval à la robe claire, va nous montrer dans un moment ses qualités en saut d’obstacle. Dans l’immédiat, équipé seulement d’un licol, il est planté au milieu du manège, peint de noir, de vert, de bleu, de jaune et de rouge ; spectacle insolite destiné à nous instruire sur ses caractéristiques anatomiques et biomécaniques. Nous assistons au remarquable cours en ligne donné par Méline DUVAL sur la plateforme https://formations.agrilearn.fr/, dans le cadre superbe du manège du Pôle international du cheval à Deauville. Vous utilisez les services d’un cheval ou de chevaux, pour le loisir, le sport ou le travail, à titre professionnel ou amateur ? Cet article s’adresse à vous comme le cours dont il est issu.
Dotée d’une solide formation théorique et forte de cinq ans d’exercice du métier d’ostéopathe animalier en France et à l’étranger, notre cavalière passionnée présente de façon claire, structurée et démonstrative l’essentiel de ce qu’il faut savoir sur le squelette et la motricité du cheval afin de le faire travailler dans de bonnes conditions vers une performance sans souffrance. Son amour du cheval affleure dans ses propos et ses gestes.
Une proie équipée pour la fuite
En introduction, Méline DUVAL rappelle que dans la nature, comme proie, le cheval est doté de toutes les dispositions nécessaires à sa fuite face aux prédateurs : animal puissant, avec un appareil musculo squelettique très développé, très complexe, lui donnant de grandes capacités athlétiques. Il est utile d’en connaître les caractéristiques, nous dit-elle, pour atteindre la performance. Mais il arrive que la belle mécanique équine s’enraye. Le cheval de sport peut en effet connaître différentes restrictions, vertébrales, musculaires, viscérales… qui vont altérer la performance mais aussi le confort et le bien-être de l’animal.
L’ostéopathe apporte des bienfaits
Intervient alors en effet l’ostéopathe, véritable horloger du corps, qui cherche à améliorer l’harmonie entre tous les systèmes : appareils musculo squelettique, digestif, respiratoire, circulatoire, nerveux… en veillant à ce que le mouvement puisse se faire car « le mouvement, c’est la vie ! ».
L’ostéopathie est une thérapie manuelle initiée il y a plus d’un siècle par l’Américain Andrew Taylor Still (1828-1917) qui conduit à un regard complet sur tout le corps en visant l’homéostasie, c’est-à-dire la capacité du corps à se guérir par lui-même en levant les restrictions qui l’empêcheraient de fonctionner. L’ostéopathe prend place dans l’ensemble des intervenants sur la santé du cheval : vétérinaire, maréchal-ferrant, masseur, nutritionniste. Un athlète d’autant plus entouré qu’on lui en demande beaucoup. À ce propos, le cours en ligne est précédé de textes réglementaires qui rappellent le rôle du vétérinaire et mettent en garde contre l’exercice illégal de la médecine.
Le squelette porte une musculature puissante
Argenta, le cheval peint, se prête volontiers à la fonction de support visuel pour montrer le squelette et les muscles principaux, support plus démonstratif et pédagogique que strictement fidèle, nous prévient Méline DUVAL. Inutile en effet pour la compréhension de représenter en détail les 205 os et les 480 muscles . Allons à l’essentiel, le plus souvent palpable sous la main avertie de l’ostéopathe. Et d’abord l’axe principal : le rachis.
La colonne vertébrale supporte l’ensemble
Le rachis est formé de toutes les vertèbres, cervicales, thoraciques, lombaires et sacrées. Comme quasi tous les mammifères, le cheval possède sept vertèbres cervicales. Six sont dessinées sur Argenta ; la 7è n’est pas palpable car située en dessous de l’articulation des épaules.
Les dix-huit vertèbres thoraciques démarrent par le garrot et s’articulent avec les côtes associées. La vertèbre se compose du corps avec les disques et la tête articulaire et le canal vertébral avec, au-dessus, le processus épineux dont le plus saillant se situe au garrot. Suivent, sur la ligne du dos, les six lombaires avec des processus transverses proéminents disposés comme les ailes d’un avion. Enfin, le sacrum : cinq vertèbres sacrées soudées qui s’articulent avec l’os coxal du bassin. Enfin, 17 à 21 coccygiennes qui forment la queue.
Le cheval marche sur un seul doigt
Le membre antérieur se compose de la scapula (omoplate), puis, en descendant, l’humérus (le bras de l’humain), le coude avec l’os ulna (cubitus résiduel), soudé au radius, puis le carpe (non pas le genou mais correspondant au poignet) composé de huit petits os articulés entre eux, le métacarpe (un seul doigt) principal et son métacarpe rudimentaire, relié au précédent par un ligament, puis les deux grands sésamoïdes, enfin les trois phalanges successives (la 3è est dans le sabot).
Le membre postérieur supporte le bassin : os coxal (pointe de la hanche), ischions. Sur l’os coxal s’articule le fémur prolongé par l’articulation du grasset et la rotule, qui le relie au tibia articulé sur le tarse (correspondant au talon), le métatarse et son métatarse rudimentaire, la première phalange, le grand sésamoïde, la deuxième puis la troisième phalange dans le sabot.
Après l’anatomie du squelette, Méline DUVAL va nous fait voir le mouvement du cheval après quelques rappels sur les muscles.
Les muscles créent le mouvement
Les muscles mettent les os en mouvement et participent à leur assemblage. Chaque os est doté de plusieurs reliefs qui servent de point d’insertion aux muscles et de bras de levier. Le cheval compte, nous l’avons dit, un grand nombre de muscles dont certains ont un rôle majeur dans la biomécanique du cheval.
Un muscle est formé d’un corps et deux insertions, l’une dite d’origine et l’autre appelée terminale. Les muscles travaillent en synergie ; les uns ont un rôle agoniste (complémentaire) tandis que d’autres sont antagonistes (opposés). Certains muscles sont fléchisseurs, provoquant une flexion du dos ou d’un membre. D’autres sont extenseurs et d’autres, rotateurs. Certains produisent une abduction, en écartant le membre, d’autres sont adducteurs, qui ramènent le membre vers l’intérieur. Tout l’appareil musculaire fonctionne en synergie, faisant du cheval un athlète.
Contractions isotoniques et isométriques
Lorsqu’il reçoit une information via le système nerveux le muscle peut avoir deux types de contraction, qu’on dit isotonique ou isométrique. Méline DUVAL précise : • La contraction isotonique raccourcit ou allonge le muscle : concentrique, elle provoque le rapprochement des deux bras de levier où le muscle est inséré. Excentrique : le muscle s’allonge en limitant et freinant le rapprochement des espaces articulaires, dans un rôle d’amortissement. • La contraction isométrique met le muscle en tension du muscle sans déplacer des espaces articulaires. Le muscle résiste. Cette contraction intervient dans la tension globale de la colonne vertébrale. En équitation, dans le placer d’encolure , le cheval a une tension isométrique du dos et de l’encolure ou encore dans certains exercices de haute école pour la flexion du bassin nécessitant un engagement du bassin
Voyons les muscles zone par zone.

Ah la fière encolure !
Encolure : les muscles ont un rôle d’extenseurs pour relever la tête, situés en position dorsale, au-dessus des vertèbres cervicales, ou de fléchisseurs, situés en-dessous et de rotateurs.
Ligament nuchal : grosse corde très fibreuse avec plusieurs lames qui s’insèrent sur les cervicales. Il est couplé avec différents muscles pour tirer sur les cervicales et relever l’encolure. Il se continue par le ligament supra-épineux qui s’insère sur chaque processus épineux des vertèbres thoraciques mais aussi lombaires et qui se termine au niveau du sacrum. Rôle de jonction, de connexion entre les vertèbres.
Les abdominaux relèvent le dos
Lorsque le cheval relève l’encolure, il peut avoir tendance à creuser le dos, source de douleurs. À éviter !
Au garrot démarre le groupe de muscles erector spinae, principal extenseur de la colonne. Quand il se contracte, le dos se creuse. De façon antagoniste, la chaîne des abdominaux, située en face inférieure de l’abdomen commande la flexion du dos. Elle est insérée sur les côtes et le sternum et se termine sur le bassin.
En équitation, on veille à la contraction des abdominaux pour une attitude la plus équilibrée possible. Pas de dos, pas d’abdominaux ; pas d’abdominaux, pas de dos.
Pathologie fréquente : le conflit de processus épineux
Quand on met du poids sur le dos du cheval, le dos a tendance à se creuser et les processus épineux se rapprochent, au point même de se toucher. Le ligament supra-épineux est altéré mais aussi l’os lui-même, provoquant d’énormes douleurs chez le cheval, voire des remaniements osseux des processus épineux. Conséquence invalidante pour le cheval avec diminution de ses performances. D’où l’importance de la tension des abdominaux. Pour tendre le dos, en effet, l’animal doit engager ses abdominaux. On va chercher aussi une bonne activité de ses postérieurs et qu’il engage son bassin sous la masse du corps par la contraction des muscles ilio-psoas et des abdominaux, permettant au dos de monter.
Pratique de l’hyperflexion cervicale : alerte !
L’hyperflexion cervicale est une pratique en dressage ou saut d’obstacles, aujourd’hui controversée. Méline DUVAL la décrit et nous met en garde.
Quand on veut que le cheval monte son dos, le placer du cheval consiste à amener la nuque au point le plus haut et le chanfrein pas en-dessous de la verticale. Sur un schéma, Méline DUVAL fait apparaître le ligament nuchal qui tire les vertèbres cervicales, et le tendon principal en haut de la nuque qui se met en tension pour supporter la tête. L’hyperflexion accentuée, prolongée et répétée, nous dit-elle, provoque un impact au passage du ligament nuchal entre le crâne et la première cervicale avec risque d’inflammation des bourses synoviales et micro lésions sur les petits muscles rotateurs de la nuque, un pincement et une modification des facettes osseuses des cervicales. Les disques sont pincés, d’où une moindre circulation sanguine. Fermeture des voies respiratoires, réduction drastique du champ visuel, stress provoquant un impact comportemental.
L’hyperflexion cervicale risque donc de provoquer des lésions physiques et mentales sur lesquelles la Fédération Equestre Internationale se penche actuellement, d’autant qu’un cheval en hyperflexion peut « tricher » et continuer à travailler le dos creux.
Biomécanique du membre antérieur
La marche fait alterner la contraction des muscles flexeurs et des muscles extenseurs des membres. Tous les muscles insérés à l’avant comme le biceps brachial (entre l’épaule et le coude), l’intra épineux, certains muscles de l’encolure qui rejoignent l’omoplate, la scapula et l’humérus, ont un rôle dans la protraction ou embrassée du cheval, quand le cheval avance son membre et son épaule
À l’inverse, les muscles situés à l’arrière de l’épaule et de l’humérus comme le triceps interviennent dans la rétraction du membre et de l’épaule.
Plus bas, sur le membre (avant-bras), l’extenseur radial du carpe est le principal extenseur du membre antérieur. À l’arrière du membre interviennent le fléchisseur superficiel et le fléchisseur profond. Ce dernier se termine à l’arrière de la troisième phalange (sabot). Extenseurs et fléchisseurs ont un rôle antagoniste permettant d’avancer ou reculer.
Faute de clavicule, le thorax du cheval est raccordé aux deux épaules uniquement par des structures musculaires : entre humérus et scapula, articulations entre l’encolure et le thorax. Et aussi des muscles qui se situent plus en profondeur : muscles dentelés et pectoraux (transverses, ascendants, descendants) proéminents à l’avant du cheval entre les deux membres antérieurs.
Il est très important sur le cheval de sport, insiste Méline DUVAL, de stimuler et muscler la chaîne pectorale car son rôle est déterminant dans l’amortissement, favorisant ainsi le soutien du tronc.

Biomécanique du membre postérieur
Le squelette présente d’importants reliefs osseux ; ce n’est pas pour rien. Chacun constitue un puissant bras de levier. On en distingue deux types selon la disposition respective du point d’appui et des forces : inter-appuis et interpuissants .
Les leviers inter-appuis produisent une forte détente et la propulsion du membre ; secondairement, un rôle dans l’amortissement. • Levier trochantérique sur le relief osseux de la tête fémorale, dit trochanter, où s’insère le fessier moyen, le muscle le plus puissant de la propulsion (fuite rapide devant le prédateur). • Levier rotulien sur la rotule où s’insère le quadriceps qui provoque une extension du grasset (articulation du genou). • En-dessous, Méline DUVAL montre le levier calcanéen qui provoque une puissante extension du jarret. Faute de montrer ces gestes sur le cheval immobile, la cavalière les mime elle-même de façon très démonstrative.
Les leviers interpuissants ont un rôle de soutien du membre et de flexion de ses articulations : • Muscles fémoraux-caudaux, insérés au niveau du bassin et du sacrum et, en terminal, au tibia ; rôle de flexion du grasset. • Muscles ilio-psoas, rôle mécanique associé aux muscles abdominaux, provoquant l’engagement du bassin sous la masse. Ils sont insérés sous les lombaires et au petit trochanter du fémur et surtout au bassin dont ils permettent la flexion. L’ilio-psoas appelle souvent l’intervention de l’ostéopathe !
Le cheval en mouvement
Resté quasiment immobile depuis le début de l’exposé, le bel Argenta va pouvoir à présent se mouvoir à la longe dans le manège pendant que Méline DUVAL commente ses trois allures : le pas, le trot et le galop.
Au pas camarade…
Le pas est une allure symétrique marchée à quatre temps égaux : postérieur gauche, antérieur gauche, puis postérieur droit, antérieur droit. Les différentes phases dans le mouvement du membre (antérieur) : 1. Embrassée : le membre se soulève et avance, 2. Amortissement : le membre se pose au sol, 3. Soutien : le cheval passe sa masse par-dessus, 4. Ramener et suspension.
Au trot (plus doux ici qu’au Prix d’Amérique)
Allure symétrique, sautée, à deux temps égaux : entre les phases de poser des membres, il y a une phase de suspension. Alternance de poser des membres en bipède diagonale : le postérieur se pose en même temps que l’antérieur opposé.
Au galop ! (Agrilearn, mieux que Canal +)
Allure à trois temps, basculée, asymétrique, avec un temps de suspension. • Galop à main gauche ; le corps est penché à gauche avec les phases de poser des membres : postérieur droit, antérieur droit et postérieur gauche ensemble, antérieur gauche, suspension. • Galop à main droite : poser du postérieur gauche, antérieur gauche et postérieur droit ensemble, antérieur droit, suspension.

Bien observer, oui mais quoi ?
Le cheval ondule-t-il bien sa colonne ? Est-ce que l’encolure ondule, est-ce que le bout du nez est plutôt vers l’extérieur ou l’intérieur du cercle. Y a-t-il une ondulation entre la dernière thoracique et la première lombaire. Comment bouge le bassin, comment le cheval engage -t-il son postérieur sous son abdomen, comment envoie-t-il ses épaules et comment déroule-t-il le poser de chacun de ses membres.
Observer le port de tête, plutôt haut, ou bas, s’il se tient fort sur ses épaules ou à l’inverse s’il arrive à se tenir et si les abdominaux sont légèrement engagés dans le mouvement.
Plus en détail : voir les points (petits) de restriction du mouvement : qu’observer quand vous avez un doute sur l’inconfort de votre cheval ? En ligne droite de profil, de derrière et de face
De profil : les postérieurs s’engagent-ils de façon symétrique sous l’abdomen ? Les boulets descendent-ils bien ? Aux épaules : à l’embrassée, les membres antérieurs avancent-ils de manière symétrique. Le port de tête. Les mouvements d’ondulation du garrot et du dos.
De derrière : les pointes des hanches bougent-elles de manière symétrique en haut et en bas ? La rotation du bassin est-elle symétrique ? Plus bas, la pointe des jarrets : y a-t-il une rotation ? Le poser des boulets. La musculature des fessiers présente-t-elle une gêne symétrique ? Le port de queue : plaqué, relevé, d’un côté ou de l’autre. Peut-être un verrouillage articulaire ou un inconfort dans sa posture et sa locomotion…
Observation de face : tête plus ou moins déviée, les pointe des épaules et pectoraux (en symétrie, musclés de la même manière ?). L’avancée des deux carpes et le poser des membres.
En selle !
Une jeune cavalière monte Argenta pendant que Méline DUVAL commente les mouvements de l’animal. Avant toute pratique sportive, l’indispensable échauffement permet non seulement d’échauffer la musculature en attirant le sang dans les muscles et les articulations mais aussi de prendre le cheval en main, d’ajuster et stabiliser son attitude au trot : le port de tête, la tension des abdominaux, la cadence régulière avec le plus de décontraction possible dans son allure, sa mâchoire, son attitude générale. Un bel ensemble d’exercices préparatoires.
Ensuite, on allonge légèrement le trot avant de revenir à une cadence plus modérée, ainsi plusieurs changements de rythme successifs, en accordéon, montent le souffle. Travail du dos en contraction concentrique et excentrique. Baisser l’encolure pour étirer le ligament nuchal et faire varier la tension du dos.
Enfin, échauffement au galop, le chanfrein à la verticale.
Le dressage en basse école, pas seulement pour faire beau
L’épaule en dedans est un exercice très complet qui impose des mouvements d’abduction et adduction des membres, un travail des pectoraux, des antérieurs, des abducteurs et adducteurs des postérieurs, engage la contraction des abdominaux pour passer le postérieur interne sous la masse, rotation de la hanche, mobilité lombaire et thoracique. Pourquoi ? : pour assouplir et équilibrer le cheval.
La cession à la jambe, au trot ,vise l’ouverture des épaules et des hanches. Assouplir et équilibrer le cheval, engager la ceinture abdominale, vérifier la disponibilité et la latéroflexion du garrot, du thorax et des cervicales, la disponibilité de la bascule du bassin.
Introduction au saut d’obstacle
Le saut, tous les cavaliers le savent, demande un cheval en bonne condition physique doté d’une musculature adaptée. Il nécessite en outre un travail préalable de gymnastique au sol. Après quoi, voir Argenta sur l’obstacle, au ralenti, est un régal. Mais nous ne sommes pas là seulement pour admirer la beauté du geste. Sur quoi porter notre attention ? Eh bien en particulier sur la réception qui sollicite beaucoup l’avant du cheval. L’amortissement des antérieurs est réalisé par l’appareil suspenseur au niveau des membres antérieurs et aussi par le thorax et les pectoraux et tous les muscles qui rattachent le thorax aux deux épaules et aux deux antérieurs.

L’ostéopathe à l’affût
En ostéopathie qu’est-ce qui peut poser problème pour un cheval de saut d’obstacle, notamment sur un oxer, obstacle à deux plans ? Le cheval doit pouvoir faire une bonne bascule de son articulation sacro-iliaque et des charnières thoraco-lombaire (1ère lombaire et dernière vertèbre thoracique) et lombo-sacrée. Ces articulations doivent être mobiles, sans verrouillage. S’il éprouve une douleur, le cheval aura tendance à toucher la barre.
Les phases du saut
Phase d’appel : il faut bien calculer la distance pour l’abord de l’obstacle, permettant au cheval de placer au bon endroit sa battue d’appel , d’abord les antérieurs puis les postérieurs. Au moment où les antérieurs du cheval poussent, son dos se plie comme un arc, ce qui permet à ses postérieurs de se placer sous le corps. Les postérieurs s’alignent, se préparant à pousser simultanément, souvent juste derrière les empreintes des antérieurs. L’arrière-main subit alors un processus de compression similaire, s’accroupissant au ras du sol pour enrouler un maximum d’énergie. En général, plus le cheval fléchit ses postérieurs pendant cette phase d’appui, plus il emmagasine de puissance et plus le saut qu’il produit est important.
Ensuite, vient la phase ascendante du saut où le cheval prend son appel, pousse sur ses postérieurs grâce à l’appareil de propulsion situé au niveau des fessiers, notamment le fessier moyen.
Suit la phase de planer où le cheval étend son dos. C’est là qu’il peut ressentir une gêne à la charnière thoraco-lombaire et lombo-sacrée.
Puis la phase descendante du saut, le cheval bascule son dos, atterrit sur ses antérieurs et encaisse toute l’énergie cinétique développée dans le saut sur ses membres, boulets, phalanges mais aussi les épaules et le thorax. Les cervicales basses, également, sont fortement sollicitées ; si le cheval souffre de douleurs à cet endroit, il présentera des difficultés à l’obstacle.
Conclusion : nourrir les besoins du cheval

Outre les besoins physiques du cheval, nécessaires à son bien-être et à sa performance sportive, Méline DUVAL indique qu’il faut aussi répondre à ses besoins mentaux et sociaux comme l’enseigne par ailleurs Cécile ROUSSEL sur la plateforme Agrilearn.fr. Il est intéressant de voir également les éthogrammes (en anglais) de Sue DYSON pour identifier et évaluer la douleur chez les chevaux de sport. Le cheval est sensible, très intelligent et puissant nous rappelle Méline DUVAL ; cavaliers, propriétaires, enseignants doivent acquérir les connaissances nécessaires à évoluer avec le cheval dans les meilleures conditions de bien-être, de complicité et de vraie connivence, vers l’équitation de demain. Une belle leçon.
Vous vous dites que cet article manque de visuels ? Vous avez raison. N’hésitez pas à vous rendre sur la plateforme pour voir le magnifique cours en ligne de la talentueuse Méline DUVAL, la fille qui peignait sur le corps des chevaux.